L’importance de la qualité de l’eau dans l’élevage animal

Les bactéries, les virus et les parasites

On retrouve souvent des bactéries, des virus et des parasites dans les étangs et les réservoirs d’eau dans lesquels s’écoule du purin. Bon nombre de ces organismes peuvent causer divers symptômes et entraîner des pertes de production.
Grâce au lait maternel, les veaux disposent d’une certaine immunité, mais ils demeurent sensibles à de fortes concentrations de pathogènes. Les bovins adultes ont souvent une immunité inhérente à plusieurs de ces contaminants, mais l’introduction d’un pathogène inhabituel peut rapidement avoir des effets très graves dans un troupeau.
L’eau contaminée par des matières fécales peut transmettre plusieurs organismes responsables de maladies comme E. coli, Cryptosporidium, Salmonella et Leptospira. Ces organismes affectent pour la plupart les jeunes animaux, mais certains peuvent aussi s’attaquer aux adultes.

La bactérie Leptospira, par exemple, qui peut être transmise par l’eau, augmente le risque d’avortement, habituellement deux à cinq semaines après l’infection initiale.
Le moyen le plus simple de réduire la présence de pathogènes dans l’eau est d’empêcher que le purin ne s’y introduise et que les animaux ne s’y baignent. Les rayons ultraviolets du soleil tuent efficacement les pathogènes dans une eau relativement claire, mais lorsque des animaux entrent dans l’eau, leurs mouvements remettent en suspension des particules qui empêchent alors les rayons ultraviolets d’atteindre et de détruire les pathogènes.
Les recommandations canadiennes sur la concentration maximale de coliformes sont de 10 à 5 000 coliformes totaux par 100 milligrammes/litre (mg/L) d’eau, la limite inférieure concernant les veaux et la limite supérieure, les vaches. Dans les étangs où les bovins peuvent se rafraîchir, le nombre de coliformes peut dépasser 15 000 par millilitre (mL).

Source : Agriculture et Agroalimentaire Canada

L’effet de la qualité de l’eau sur le gain de poids

Certains chercheurs ont examiné l’effet de la qualité de l’eau sur le gain de poids des bovins. Leurs études ont montré que plus un animal boit d’eau, plus il consomme de nourriture et plus il prend de poids.
Dans une étude faite en Alberta, les chercheurs ont constaté que le gain de poids était de 9 % supérieur chez les veaux qui buvaient l’eau d’une auge par rapport à ceux qui s’abreuvaient directement dans un étang; chez les bouvillons, le gain était de 16 à 19 % plus élevé, dans les mêmes conditions.
Une autre étude faite au Western Beef Development Centre en Saskatchewan a porté sur quatre procédés de traitement de l’eau et leur effet sur la consommation d’eau ainsi que le gain de poids des bovins. Cette étude a montré que l’amélioration de la qualité de l’eau par l’aération et la coagulation augmentait la quantité consommée de 9 % en moyenne par rapport à celle de l’eau non traitée.
Les bovins d’un an qui buvaient de l’eau aérée et pompée jusqu’à une auge ont pris en moyenne 90,7 grammes/jour (0,2 livres/jour) de plus que ceux qui buvaient directement d’un étang. Le gain de poids des bovins qui consommaient de l’eau de grande qualité, chlorée et traitée par coagulation, était également supérieur (de 77,1 grammes/jour ou 0,17 livres/jour) à celui des animaux qui s’abreuvaient directement à l’étang.
Le tableau ci-dessous montre le gain de poids au cours des 60 premiers jours au pâturage (période 1), puis du jour 61 jusqu’à la fin de l’étude (période 2). Nous avons séparé les périodes pour pouvoir comparer les différences de qualité des fourrages et du stade de croissance des bovins.
Dans la période 1, les bovins ont pris plus de poids parce qu’ils n’avaient pas encore atteint leur taille adulte et que l’herbe du pâturage était de meilleure qualité. Par conséquent au cours de la période 2, les bovins sont plus près de leur taille adulte, et l’herbe est de moins bonne qualité. Par ailleurs, on s’attend à ce que le gain de poids soit inférieur entre le 30e et le 60e jour.

Source : Site internet Agriculture et Agroalimentaire Canada

La qualité de l’eau doit être controlée

La plupart des éleveurs possèdent leur propre forage, sur lequel un traitement est installé afin d’assainir la qualité de l’eau. Le plus souvent, le traitement se fait par chloration. Eau traitée ou non, peu d’éleveurs réalisent des analyses afin de vérifier sa conformité et éviter des problèmes sanitaires dans l’élevage. Plusieurs laboratoires proposent des analyses d’eau. L’analyse microbiologique recherche les germes présents dont essentiellement les coliformes, E. Coli, les entérocoques, les salmonelles et les spores de bactéries anaérobies sulfito-réductrices. L’analyse physico-chimique donne le pH, la dureté, la turbidité et la quantité d’éléments minéraux présents. Pour la réalisation d’une analyse de potabilité (qui évalue les paramètres physico-chimiques et bactériologiques), il faut compter environ 150 €. Une analyse dont le résultat serait correct éviterait à l’éleveur d’investir dans un système de traitement coûteux.

Source : Agriconomie.com

Traitement de l’eau Faut-il chlore le débat ?

Le traitement de l’eau d’abreuvement par chloration est encore très employé aujourd’hui pour son efficacité et sa facilité de maintenance. De plus, l’investissement n’est que de 1 000 à 2 500 €, avec un coût de fonctionnement de 0,05 €/m3 d’eau. Toutefois, un dispositif mal réglé, induisant un excès de chlore, peut altérer la santé des bovins.
Dans des études canadiennes, des concentrations élevées de chlore dans l’eau d’abreuvement des vaches ont diminué à la fois leur consommation et leur production. En effet, elles réduisent l’action des micro-organismes du rumen et ralentissent les réactions métaboliques. Par ailleurs, les germes deviennent de plus en plus résistants à la chloration car beaucoup de canalisation contiennent désormais un biofilm. Concrètement, il s’agit d’un complexe de bactéries adhérant entre elles à une surface via la sécrétion d’une matrice adhésive et protectrice. Ce biofilm gène la diffusion du chlore et beaucoup de pathologies échappent au traitement.En résumé, le chlore appliqué en continu est efficace sur la biomasse en suspension dans l’eau, mais pas forcément sur les microbes résistants. Malgré le traitement, ils peuvent être encore nombreux dans l’eau d’abreuvement.

Source :Web Agri

Source d’abreuvement 40,7 % des élevages disposent d’un forage privé

Forage, puits, réseau, surface, récupération ? Plusieurs sources d’eau sont envisageables sur une exploitation. Un sondage réalisé sur Web-agri montre que le forage est privilégié par 40,7 % des éleveurs répondants. Viennent ensuite le réseau (36,6 %), le puits (16,5 %), l’eau de surface (4,9 %) et enfin la récupération des eaux de pluies (1,3 %).

Attention à la contamination de l’eau : L’eau de réseau reste la plus saine en termes de qualité microbiologique puisqu’elle répond aux critères de la consommation humaine. Les eaux souterraines (forage ou puits) proviennent des nappes plus ou moins profondes en fonction de la zone géographique. Elles sont donc sensibles aux différentes pollutions en surface qui percolent à travers le sol. Pour les eaux de surface, il s’agit des eaux courantes (cours d’eau, rivières) et des plans d’eau (lacs, étangs, mares, etc.). Dans ce cas, les pollutions microbiologiques et chimiques sont aussi envisageables. De plus, l’abreuvement direct des animaux dans les eaux de surface les expose à se contaminer par leurs propres déjections.

Source : Web Agri

La qualité de l’eau en production porcine

Dans le cadre du congrès Allen D. LemanSwineConference, en 2011, le docteur John Patience a présenté un excellent exposé sur l’importance de la qualité de l’eau en production porcine. Comme il le décrit dans son article, l’évaluation de la qualité de l’eau en production porcine comporte certains aspects dont il faut vraiment tenir compte et d’autres qui sont probablement peu pertinents.La plupart des critères en matière de qualité de l’eau qui s’appliquent à la consommation humaine ne sont peu, voire pas du tout, applicables en production porcine. En outre, sauf pour la contamination microbiologique, les normes pour les humains sont inférieures, et même beaucoup moins élevées, que celles qui sont tolérées par les porcs.Le docteur Patience recommande, en matière de qualité de l’eau, de mettre l’accent sur l’effet direct de l’eau sur les porcs ou de la qualité de l’eau dans le système de distribution, laquelle a un effet sur les porcs.
Microorganismes
La qualité microbiologique de l’eau représente souvent l’enjeu principal en matière de qualité de l’eau. La présence d’organismes pathogènes dans l’eau peut entraîner des éclosions de maladie au sein du troupeau et l’empêcher d’atteindre une performance optimale. L’eau de surface est le plus à risque à cet égard, mais l’eau souterraine peut aussi contenir des agents pathogènes. Ainsi, l’eau peut contenir des bactéries comme E.coli, des salmonelles et Shigella, ainsi que des virus comme des entérovirus, et des protozoaires, comme Cryptosporidium et Giardia. Certaines algues contenues dans l’eau peuvent aussi occasionner des gastroentérites.

Source : Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales CANADA